Se mettre nu tout en se sentant bien dans sa peau dévêtue est
avant tout affaire d’éducation et d’environnement social.
Cela va de soi avec une certaine estime de soi. La nudité est elle socialement
condamnable? Et quelle est donc cette frontière invisible entre pudeur
et honte de soi ?
I. La nudité est-elle socialement condamnée ?
Depuis la nuit des temps, être nu est un concept condamné et proscrit,
véhiculé dans certaines sociétés. C’est une
confusion culturelle, religieuse entre le corps et le sexe. Cette confusion
a motivé cette condamnation et engendré une phobie du corps.
Cette phobie du corps se manifeste clairement dès l’âge
de trois ans. En effet, les jeunes enfants se montrent nus sans aucune gêne.
Puis, brutalement, ils se montrent réticents. Ceci vient du fait qu’on
leur fait comprendre que ce n’est pas convenable : c’est ainsi qu’ils
acquièrent l’idée de la pudeur. A la puberté apparaît
une autre forme de pudeur qui, elle, s’apparente à la honte.
II. Différence entre pudeur et honte
La pudeur est un sentiment normal, une réalité sociale, on ne
peut pas se promener nu dans la rue, c’est inconcevable ! La pudeur est
liée au respect de soi, de son intimité. La honte, en revanche,
relève de la dépréciation de soi, de la culpabilité,
de la faute. Mais la frontière entre l’une et l’autre n’est
pas toujours très claire.
III. Nudité et éducation sociale
Du temps de nos mères et grand mères, il était impensable
qu’une femme se mette nue devant son mari ! C’est le résultat
d’une éducation qui a transmis à ces femmes une idée
particulière, plus ou moins honteuse de leur corps. Dans l’inconscient
collectif, se montrer nu devant l’autre est démoniaque. C’est
pourquoi de nombreuses femmes ne peuvent faire l’amour que dans le noir.
Aujourd’hui, on assiste à un retour en force de la pudeur contrairement
aux années 60-70 où certains parents imposaient abusivement la
nudité à leurs enfants en s’exhibant devant eux pour paraître
libérés.
Dans certaines régions du monde, on peut observer des traditions plus
ou moins étranges où des parties du corps de la femme considérées
jusqu’à là non érogènes, deviennent subitement
des zones érogènes susceptibles d’éveiller l’appétit
sexuel de l’homme. En effet, le visage dévoilé seulement
en famille dans les pays musulmans, les bras parfois, les chevilles chez les
femmes hindoues… Autrefois, le baiser sur les lèvres, source de
plaisir habituellement, n’était pas pratiqué en Afrique
car la bouche n’était pas considérée comme une zone
érogène.
IV. Nudité et critères de beauté
Avoir honte de dévoiler son corps à son mari est également
affaire d’esthétisme... le fait de ne pas correspondre aux critères
de beauté en vigueur favorise ce sentiment de honte de soi. C’est
contre ce genre d’idées que s’insurge le mouvement des «
naturistes ». Ces derniers souhaitent promouvoir une beauté, indépendante
de l’image corporelle. Ils s’efforcent de porter sur autrui un regard
qui ne juge pas afin d’accepter l’autre tel qu’il est. Pour
eux être beau, c’est oser se montrer au naturel.
D’habitude, et dans la plupart des cultures contemporaines, on s’accorde
à limiter l’érotisme aux organes génitaux des deux
sexes. Dans le nudisme, il s’étend à l’ensemble du
corps : on éprouve le plaisir d’être caressé par le
vent, le sable ou l’eau. Certes, il s’agit surtout d’un érotisme
de contact avec la peau et non d’une excitation sexuelle proprement dite.
L’éducation est primordiale dans ce genre de choses et c’est
durant l’enfance que se développe le sentiment de sa propre valeur.
Ainsi, le respect et l’amour de soi favorise cette parfaite symbiose avec
soi même et confère un sentiment de confiance en soi. Par contre,
la honte de sa propre apparence résulte d’un manque d’estime
de soi.
V. Surmonter une pudeur excessive
L’impossibilité de regarder le corps nu des personnes du sexe
opposé touche surtout les femmes et remonte presque toujours au complexe
d’Œdipe. Ceci résulte d’une gêne insurmontable
de la petite fille face à la nudité de son père. Cette
inhibition masque des désirs, des fantasmes incestueux de l’enfance.
Pour la vaincre, il faut généralement passer par une psychanalyse
ou une psychothérapie. Ce travail est également nécessaire
quand la honte de son propre corps nu fait trop souffrir.
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