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Fumer du tabac pourrait entraîner des changements irréversibles dans l'activité de certains gènes, ce qui expliquerait pourquoi d'anciens fumeurs risquent davantage de souffrir d'un cancer des poumons que des personnes n'ayant jamais fumé, selon une étude publiée mercredi.
Seulement un cinquième des gènes d'une cellule sont activés à un momment donné. Des modifications dues à l'environnement, comme le tabagisme, peuvent conduire à des changements de leur activité, dont certains sont irréversibles même après avoir cessé de fumer.
"Ces gènes et fonctions qui ne retournent pas à des niveaux normaux après l'arrêt du tabagisme pourraient expliquer pourquoi les anciens fumeurs conservent un risque de développer un cancer du poumon", explique Raj Chari, de l'équipe canadienne dirigée par Wan Lam et Stephen Lam (British Columbia Cancer Research Center, Vancouver).
Les chercheurs ont utilisé une puissante technique d'analyse (SAGE : Serial Analysis of Gene Expression) pour étudier l'expression des gènes dans les tissus pulmonaires de 20 fumeurs ou anciens fumeurs et de 4 personnes n'ayant jamais fumé.
Certains gènes jouant un rôle dans la réparation de l'ADN des cellules seraient irréversiblement endommagés par le tabagisme, qui interromprait aussi l'activité de gènes contribuant à combattre le développement du cancer du poumon, selon ces travaux publiés dans la revue en ligne BMC Genomics.
Ils ont également permis d'identifier des gènes qui sont activés chez les fumeurs. Ainsi, CABYR, un gène impliqué dans la mobilité des spermatozoïdes et associé à certaines tumeurs, interviendrait aussi dans le fonctionnement des cils tapissant les bronches et favorisant l'élimination des déchets qui s'y accumulent.
Les changements dans l'expression des gènes impliqués dans la réparation et la régénération de l'appareil respiratoire se répartissent en trois catégories: réversibles (gène CABYR, gène TFF3 intervenant dans la composition du mucus), partiellement réversibles (MUC5AC, gène de la mucine, protéine assurant une protection dans les voies aériennes et digestives) ou irréversibles (gène GSK3B déjà associé au cancer).
Les résultats ont été testés et vérifiés sur un second groupe de fumeurs actuels ou passés ou de non-fumeurs.
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